Michel Galabru : quelques souvenirs avec ses passages en cuisine

Ce début d’année voit la disparition de Michel Galabru, figure franche et joviale de notre patrimoine artistique. Avec sa voix reconnaissable entre toutes, son regard tendre et accrocheur, il aura accompagné plusieurs générations au théâtre et au cinéma. Pour lui rendre hommage « à ma façon », je vous ai concocté une petite sélection de 3 scènes où Michel Galabru est en cuisine.lavare-1

Le gendarme à New York (Jean Girault, 1965)

Le gendarme à New York est le deuxième volet de la série. Aux États-Unis pour une convention internationale de gendarmes, la brigade de Saint-Tropez accuse rapidement le coup face à la démesure, aux coutumes et à la nourriture américaines. C’est bien connu, la nostalgie attaque souvent en premier l’estomac, et peut-être plus encore celui des Français. L’adjudant Gerber – Michel Galabru -, en parfait chef de guerre protégeant ses troupes, propose alors de sauver ses ouailles.

« L’entrecôte au persil que fait ma femme, ce n’est pas non plus de la tige de botte, c’est moi qui lui ai appris à la faire. »

Reste à relever le plus gros défi : dénicher un bon morceau de viande sans cellophane à Broadway… une grande aventure pour Cruchot – Louis de Funès. Il finit par trouver une très belle entrecôte, digne d’un Walt Disney. C’est sur le chemin de l’hôtel qu’il se fait attaquer par des voyous, ce qui donne lieu à la fameuse scène à la West Side Story.

L’adjudant Gerber se met enfin à l’œuvre dans une cuisine improvisée au beau milieu de leur chambre d’hôtel. Une scène délicieuse où Galabru officie avec toute la gravité du moment, on hésite entre le chirurgien, l’architecte, le tyran avec sa cour,… une véritable cérémonie où l’on retrouve chaque personnage dans son rôle autour du chef.

GendarmeNY-1

Tout est dans le regard… et le képi !

On notera au passage l’apparition du non moins célèbre couteau électrique pour partager le plat, qui à lui tout seul doit frôler les seuils de calories admis par l’ONU.

 

En a parte, c’est l’occasion de faire un clin d’œil au talentueux Alex, dessinateur de presse, qui a réalisé un dessin tout en tendresse, en hommage à Michel Galabru qui s’en est allé rejoindre ses collègues de Saint-Tropez.

Alex_Galabru

Le dessin d’Alex dans le Courrier Picard du 05.01.2016

 

Le petit baigneur (Robert Dhéry, 1968)

Dans Le petit baigneur, Michel Galabru joue Scipion, le beau-frère de Castagnier (l’inventeur du bateau que Louis de Funès a renvoyé par erreur et cherche à reprendre durant tout le film). Scipion est aussi joueur de clairon dans la fanfare, c’est pourquoi il est en costume. Il se fait rouler sur le pied et, de retour chez lui, on l’installe sur un lit… au beau milieu de la cuisine !

LePetitBaigneurTout est collector dans cette cuisine : les meubles en Formica, les pots à ingrédients (les mêmes que chez mes grands-parents à Saint-Étienne), la bassine jaune dans l’évier, le chauffe-eau et la lessive Dash, etc. Le pauvre Galabru souffre le martyre au milieu de la pièce, doit y subir une piqûre publique, mais reste lucide sur les événements et digne face à son sort. Le reste du film nous montrera qu’il n’était pas encore au bout de ses peines…

L’avare (Louis de Funès et Jean Girault, 1980)

Un dernier souvenir de Michel Galabru en cuisine me permettra de rappeler qu’il débuta au théâtre, qu’il fût aussi premier prix de Conservatoire et sociétaire de la Comédie Française. C’est dans L’Avare qu’il passe le plus de temps en cuisine car il joue, dans la version de Louis de Funès et Jean Girault, le rôle de Maître Jacques, le cuisinier (et cocher) d’Harpagon.

lavare-1Si dans cette version quelques libertés ont été prises sur les décors (les dessins d’Uderzo, les couvertures et extraits de livres, etc.), la cuisine reste très classique. Grande cheminée avec crémaillère et chaudron, batteries de cuisine et moules en cuivre tout autour de la pièce, grande table d’office, jarres en terre cuite, tout est là.

lavare-2C’est dans cette cuisine que Maître Jacques et Harpagon se chamaillent à propos du coût des repas, l’intendant Valère exigeant de faire « bonne chère avec peu d’argent ».

« Il faut manger pour vivre, et non vivre pour manger. » (Valère, acte III, scène I)

C’est ici aussi que se déroule cette scène que j’aime particulièrement tant on peut voir les deux acteurs au bord du fou rire.

Alors nous vous disons adieu Monsieur Galabru, nous vous espérons en très bonne compagnie, faisant bonne chère avec beaucoup de fous rires !


Merci à Alex pour l’autorisation !
Retrouvez Alex sur Twitter @alexdessinateur, sur Facebook « Alex dessinateur« . Il est aussi régulièrement mis à l’honneur chez Laurent Ruquier @ruquierofficiel dans On n’est pas couché @ONPCofficiel

2 réflexions au sujet de « Michel Galabru : quelques souvenirs avec ses passages en cuisine »

  1. Pour Michel, pour l’homme autant que pour l’acteur, l’art culinaire n’était sans doute pas un vain mot : cet amoureux de la vie en connaissait tous les plaisirs, des plus raffinés aux plus bucoliques… La gamme de ses prestations de comédien était tout aussi étendue : il nous a « régalés » dans toutes ses apparitions, y compris dans des productions qu’il qualifiait lui-même de nanars…
    RIP monsieur Galabru

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