Le Crétin des Alpes, un ami qui vous veut du bon

Ça faisait longtemps, hein ? Vous m’avez manqué…
L’histoire du jour est très particulière pour moi, car c’est en l’entendant il y a quelques semaines qu’une étincelle est née là, juste derrière mes yeux (certains parlent de cerveau) ; puis cette étincelle a bien grandi, jusqu’à rallumer les fourneaux de ce blog si longtemps délaissé (pour de multiples raisons, bonnes et moins bonnes, la vie quoi).
Cette histoire, c’est celle des produits et de la marque Le Crétin des Alpes, par un de leurs créateurs Yann d’Ascoli. Quand Yann raconte l’histoire du Crétin des Alpes, il capte l’attention avec une grande facilité, et si l’aventure et ses rebondissements suivent le fil de son récit, on comprend très bien que dans sa tête il a déjà 3 chapitres d’avance ! C’est le point commun à beaucoup de passionnés. Mais si j’en parle ici, c’est avant tout parce qu’un détail a attiré mon attention : une phase essentielle de la création du Crétin des Alpes s’est déroulée dans une cuisine…

®Ignacio Grez Wedding Photography

Je retrouve Yann d’Ascoli au Café de la Table Ronde, café historique de Grenoble (un des, voire le plus vieux de la ville), juste en face du Palais du Parlement. Après les présentations, je lui explique l’objet du blog, la cuisine, seulement la pièce et rien que la pièce en tant que personnage et acteur de nos vies. Rien de mieux pour ça que de poser mes deux premières questions préférées…

Premier souvenir, première émotion en cuisine ?

« J’ai grandi à Poisat [métropole grenobloise, ndla], je me revois à 8 ans, le mercredi après-midi avec ma grand-mère, Mamie Françoise. On faisait de la gelée de coings. Je n’aimais pas la gelée de coings, mais j’adorais faire ça. Avec elle. Parce qu’elle me laissait faire.
Aujourd’hui à la maison j’ai l’impression que tout se passe dans la cuisine, les devoirs des enfants par exemple. »

Ton objet ou geste fétiche en cuisine ?

« Mon limonadier en noyer. Il a atterri par hasard, je ne sais toujours pas comment, dans mon sac à dos à l’occasion d’un salon. Il est aujourd’hui en bonne place dans un tiroir de la cuisine et je n’utilise que celui-là. Il est lourd juste ce qu’il faut, il a un toucher et une prise en main extraordinaires. »Le Crétin des Alpes : l’évidence du hasard

Le Crétin des Alpes est une aventure de potes, presque de famille.
Yann d’Ascoli et Laurent Gras (Chef du Pèr’ Gras) se connaissent depuis longtemps et avaient l’envie de créer un projet autour des produits du terroir, mais le déclic n’était pas encore là.
C’est un jour de février 2016, après une matinée de ski, que l’évidence est venue. Par hasard.
Arrivé tard après le service dans un restaurant de montagne, Yann commande un café. Le patron, un ami, lui apporte un café, seul, sans mignardise mais avec une revue. Le magazine proposait un article sur le crétinisme. L’association des deux provoque le déclic, tilt, eurêka. En une fraction de seconde, Yann a cette évidence face à lui : nous allons faire des biscuits locaux et ils s’appelleront Le Crétin des Alpes !

Autant dire que, dit comme ça, Laurent a dans un premier temps pensé qu’il s’agissait d’une « blague de Crétin, Bernard »… (ce fut sa réponse à son ami, belle répartie en référence aux Bronzés font du ski). C’était sans compter sur la force de l’évidence.

Le premier produit fut un sablé à la Chartreuse, puis viendra un sablé à la praline. Aujourd’hui la marque produit pas moins de 25 références alimentaires (biscuits, bières, chips, terrines, soupes, confitures, etc.) et quelques produits non alimentaires (T-shirts, mugs, boîtes, bonnets) qui sont distribués dans 260 points de vente et via la boutique en ligne.

Yann d’Ascoli (à gauche) et Laurent Gras. ®Ignacio Grez Wedding Photography

En plus de Laurent qui s’occupe bien sûr des recettes, il ne faut pas oublier les deux autres associés au projet, Fred pour les illustrations et le graphisme, et Ronald pour les aspects marketing. Yann, qui avait de son côté un parcours professionnel dans la communication et le tourisme, admet aujourd’hui que les décisions prises autour du projet, depuis le départ, sont purement instinctives et en marge de toutes les « règles » du marketing, du marché, de la communication. La force de l’évidence… et de la sincérité.

Une cuisine, une table : naissance d’une marque

La cuisine, lieu de création du visuel de la marque. Photo Yann d’Ascoli, DR.

Côté visuel, il fallait un logo pour lancer les premiers produits. Yann travaille sur le sujet avec Fred. Les premiers essais, classiques, déjà vus, n’arrivent pas à convaincre les quatre associés. Un soir chez Yann, Fred passe pour en parler. Ils s’installent à la cuisine, qui est ouverte avec une grande table en bois et un banc (photo). On est dans la cuisine, mais le moment est solennel : il faut absolument trouver un visuel, une identité graphique.
Tout à coup Antoine, 7 ans, un des deux garçons de Yann, débarque avec son chapeau de Zorro et invite tout le monde à jouer avec lui. Son papa lui répond un peu sèchement qu’ils sont en plein travail, et qu’il faudrait au contraire les laisser tranquilles. Antoine, contrarié par cette réponse, fronce les sourcils, pose son avant-bras sur la table, en position de défi et exprime en grognant tout le mépris qu’il ressent pour ces grands qui ne savent plus jouer. Pour Fred, c’est la révélation : la moue d’Antoine, cette posture à la fois enfantine et rebelle, il tient son personnage !

Depuis, Antoine est très fier d’apparaître sur les produits, il est devenu un super ambassadeur de la marque. © DR

Bingo ! Le visuel séduit rapidement, autant que les recettes, d’où l’idée de faire des produits dérivés non-alimentaires.
Yann reconnaît aujourd’hui qu’ils sont un peu dépassés par le succès de ce personnage qui constitue pour lui 50% et peut-être même 51% de la réussite et du développement de la marque. Certaines personnes connaissent en effet Le Crétin des Alpes sans savoir quels produits il y a derrière.

« On ne maîtrise pas cet aspect, il y a aujourd’hui derrière le succès du personnage un véritable sentiment d’appartenance, d’identification à notre territoire (très élargi) grâce à lui, une espèce de fierté d’être un Crétin des Alpes ! » avoue Yann en souriant.

Que peut-on souhaiter au Crétin des Alpes ?

« Longue vie ! Et comme je le dis toujours : les choses ne se passent jamais comme c’était prévu, et c’est pas grave ! »

On ne peut effectivement que souhaiter une longue vie au Crétin des Alpes, dont les produits (vraiment) locaux répondent parfaitement à la fameuse contrepèterie belge : beaux et bons !

Retrouvez Le Crétin des Alpes sur internet : www.lecretindesalpes.com (+ boutique en ligne et carte interactive pour trouver un point de vente)
Et sur Facebook : www.facebook.com/lecretindesalpes/

© DR – De Coquina Rerum – Octobre 2018

12 réflexions au sujet de « Le Crétin des Alpes, un ami qui vous veut du bon »

  1. Une très belle aventure/réussite, racontée merveilleusement comme d’habitude ! Contente de te retrouver ma Thel… Bises.

  2. Bravo, ça faisait longtemps mais un article de De Coquina Rerum c’est un article qui parle cuisine sans cuisine et pourtant ce sont des histoires qui se dégustent …étonnant, belle façon de faire connaitre cette marque..
    Merci pour ce moment, ça fait plaisir!!!

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