Au cœur du château de Vizille, une grande cuisine au service du pouvoir

J’aime bien aller à Vizille en cette saison. Je prends la route d’Uriage-lès-Bains et je suis tout de suite dépaysée ; par rapport à ma vallée j’entends. En plus, quand on s’approche de Vizille, vers Vaulnaveys-le-Haut, ça sent l’ail des ours. Alors c’est là que j’ouvre les fenêtres de ma voiture et que je profite de cette odeur familière qui me rappelle mon enfance à l’orée d’un bois.

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Contre-sens, tout contre #1* : La cuisinière du radeau de la Méduse

Il est des événements de l’histoire pour lesquels on ne sait pas trop s’il faut tout savoir, tout raconter, ou au contraire tout faire pour oublier. Parce qu’on sait que ce que l’on va apprendre ne va pas nous plaire, mais pas du tout. Mais vous savez bien que quand on en est là, soit on en sait trop, soit pas assez. Le cerveau n’efface pas l’information même minime, le point d’interrogation en liberté. Quand on dit à un enfant « ne regarde pas là » c’est évidemment plus fort que lui. C’est comme le coup de la pomme, l’interdiction, la punition, et patati et patata, de toute façon à la fin c’est toujours la femme qui trinque. Bon je m’égare. Quoique

Le radeau de la Méduse pour moi c’est ça. Je savais, en gros, que le tableau de Géricault provenait d’une histoire vraie, que cette histoire ne valorisait pas franchement l’humanité, mais sans savoir vraiment pourquoi. Ça faisait longtemps que j’avais envie de connaître les tenants et les aboutissants de cet épisode tragique. Lire la suite

Hector Berlioz, du flageolet à l’Opéra : tout un programme, en cuisine aussi !

Quand on vous dit « Berlioz », vous pensez quoi là tout de suite ? Les plus calés sauront citer son art, son talent, peut-être même quelques œuvres, musicales ou littéraires.
Les plus pragmatiques (et anciens !) se rappelleront du vieux billet de 10 francs.

berlioz_10francsMoi quand j’entends « Berlioz », je ne peux pas m’empêcher en plus de voir Stanislas Lefort et Méphistophélès dans la grande salle de l’Opéra de Paris. La fameuse scène de La Grande Vadrouille, Louis de Funès en chef d’orchestre qui dirige La Marche Hongroise, extraite de la Damnation de Faust. Et sa réponse à ceux qui perturbent son travail :

« Je ne veux personne dans la salle lorsque je travaille, je ne veux que Berlioz, et moi. »

On arrive à Berlioz par le chemin qu’on veut, l’important étant d’y arriver, non ? Lire la suite

Vous c’est biscotte/salade, moi c’est Livarot/Beaujolais.

Alors oui, là c’est sûr, je risque de me fâcher avec mon public Télérama, de rater l’interview de Jean d’Ormesson que j’espérais tant décrocher un de ces jours (autant qu’un rire de Michel Onfray, c’est vous dire), de décevoir mes amis bobos (ah si, on en a tous !) qui ne me regarderont plus jamais pareil, mais tant pis, je fais mon coming out : j’aime les films de Louis de Funès. Lire la suite

Aristide Bergès cuisine la houille blanche et sert des pâtes… à papier

Depuis que j’ai imaginé ce blog, je ne regarde plus les endroits que je visite de la même façon. Alors quand je vais dans un musée qui s’appelle « maison », je me dis tout de suite : « OK, où est la cuisine ? ». Et je suis curieuse de savoir tout ce qui a pu se passer dedans. Pas vous ? Tant pis, je vous le dirai quand même, na ! Allez c’est parti. Cette semaine je vous emmène au Musée de la Houille Blanche qui se trouve dans la Maison Bergès à Lancey.

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Hommage à la cuisine en dessins. Et inversement.

Depuis le 7 janvier dernier on assiste à une espèce de contribution nationale autour de la liberté d’expression, du droit à la caricature et à la satire. Telle une Idéfix, tout le monde recherche les précurseurs et on entend à juste titre beaucoup parler de Voltaire. Nul doute que ça le ferait bien marrer, le vieux Fran-co-quin !
Je ne dis pas que Voltaire Iznogoud, au contraire, mais j’ai aussi en mémoire le message de Victor Hugo Pratt dans ce poème tiré des Châtiments : Sonnez, sonnez toujours, clairons de la pensée. Lire la suite

Chem cheminée, chem cheminée, chem chem chérie !

frisechemineeOn a vu dans un précédent article combien la découverte du feu avait été essentielle dans l’apparition de notre cuisine d’aujourd’hui. D’abord sur un plan sanitaire, nous permettant de manger des aliments plus variés, cuits, conservables, transportables, etc. Mais aussi sur un plan sociétal, nous obligeant à nous rassembler en un lieu pour en bénéficier ensemble et partager ses vertus de survie. La cohabitation et la convivialité en sont nées, avec plus ou moins de bonheur. Une autre invention va constituer une découverte majeure dans cette histoire : la cheminée*. Lire la suite

On n’est quand même pas venu pour beurrer les sandwichs ?

Les tontons flingueurs, film français de Georges Lautner de 1963, d’après le roman Grisbi or not grisbi d’Albert Simonin . Dialogues de Michel Audiard.

Pitch du film

Louis dit Le Mexicain, un chef truand, revient à Paris pour caner dans des draps propres. Il lègue ses affaires ainsi que la tutelle de sa fille Patricia, qui officiellement ignore toujours le corps de métier paternel, à Fernand Naudin (Lino Ventura) son ancien complice.
Au premier abord Fernand est perplexe face à cette promotion, car il est depuis des années rangé des voitures et paisible entrepreneur à Montauban.
Tapis dans l’ombre, d’autres comparses espéraient hériter de la gérance et surtout de l’usufruit des affaires courantes. S’installe rapidement un jeu de tensions, chacun se revendiquant légitimement Calife à la place du Calife.
Les argumentations et négociations se font alors par le biais de coups fourrés et autres courtoisies, éliminations, traquenards, tout le monde voulant reprendre la main et la tête du réseau.
Fernand, homme de parole, d’honneur et à la rigueur toute personnelle, décide finalement d’honorer les dernières volontés de son ami, d’autant que ses troupes se permettent d’être de mauvais payeurs et d’afficher une loyauté très approximative…
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Genèse, introduction à la lecture de ce blog

N’avez-vous jamais remarqué le nombre de moments essentiels qui se sont passés dans votre cuisine ?

  • La question qui tue du petit dernier,
  • La révélation de la bonne copine, l’air de rien, autour d’un café,
  • Les histoires de familles qui auraient fait tout imploser dans un décor plus solennel, mais qui là, étrangement, glissent doucement sur le plan de travail,
  • L’apéro impromptu avec des amis qui se termine en meilleure soirée de l’année, sans changer de pièce,
  • Le voisin inconsolable à qui l’on veut apporter un réconfort maladroit mais sincère,
  • Les devoirs entre copains pendant lesquels on entend des anecdotes qu’on aurait préféré ignorer,
  • Les conseils avisés d’une grand-mère bienveillante qui dépassent souvent le cadre culinaire,
  • Etc.

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